DAIGNEZ, MONSIEUR LE PRESIDENT, ECOUTER LE SILENCE DU PEUPLE !

6/23/2004 1:36:36 PM -

Nous venons, comme tout le monde, d'écouter votre déclaration, adressée au peuple de Côte d'Ivoire et à la communauté internationale.

Nous regrettons avec le peuple que c'est maintenant que vous le faites après deux semaines d'indifférence absolue. Et cela, après plusieurs périples auprès de vos pairs, comme si en Côte d'Ivoire, il n'y avait point de sagesse. Les autres ont aussi leurs problèmes à régler. Ne soyons pas égoïstes.

M. le Président de la République de Côte d'Ivoire, de même que le peuple ne vous a pas pardonné d'avoir nommé Monsieur Seydou DIARRA, depuis l'étranger, de même le peuple ne vous a pas pardonné votre mutisme, aux USA quand des civils et des vaillants soldats ivoiriens, à Gohitafla, ont payé de leurs vies vos erreurs. Voilà ce que, ceux qui savent et qui sont habilités, doivent vous dire.

D'innocents étrangers qui ont besoin de notre protection au même titre que leurs frères ivoiriens ont été pris pour cibles par des patriotes furieux que des ivoiriens aient été tués par les mêmes terroristes sanguinaires de rebelles que vous avez acceptés comme des fils prodigues et choyés comme tels. Il faut voir dans ce geste des patriotes, fils prodiges de Côte d'Ivoire, un désaveu de votre politique de guerre de tranchées, conscients qu'ils sont, ces gardiens du temple, qu'il est préférable pour eux de faire des étrangers des boucs émissaires que de se retourner contre vous et faire ainsi le jeu de l'ennemi. Dans ces conditions, il aurait été souhaitable dans votre discours de reconnaître votre entière responsabilité et de dire que désormais, ce serait à vous et à vous seul qu'on demanderait des comptes. Que vous vous engageriez à ne plus décevoir.

Monsieur le Président, le peuple vous a écouté, tête baissée. Après votre discours, c'est encore tête baissée qu'il s'interroge : les nombreuses questions qu'il se pose n'ont pas trouvées de réponses. Est ce vous, Monsieur le Président ?

Dans cette guerre sans stratégie, sans vision, sans dignité et sans honneur, sans aucune avancée, vous ne cessez de torturer, d'humilier avec Monsieur CHIRAC votre ami, moralement et psychologiquement le peuple ivoirien et par ricochet le peuple français car ces deux peuples sont et demeurent des amis malgré tout.

Le peuple aurait aussi aimé que vous lui parliez des derniers évènements de Bouaké et de Korhogo. Le rôle d'un Président de la république n'est pas de dire que “ Les informations que nous avons sont tellement contradictoires que je ne peux pas me prononcer à partir de rumeurs... ” mais de donner instantanément une visibilité à sa population pour la rassurer.

Si SORO, le Rebelle peut mater avec impunité sa rébellion pourquoi pas vous, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D`IVOIRE, GARANT DE LA CONSTITUTION, DES INSTITUTIONS ET DE L`INTEGRITE TERRITORIALE CHEF DES ARMEES. En êtes-vous incapables ou cautionnez-vous la partition de notre cher pays ?

Le chant des cygnes au Nord est un chant des signes du Nord qui doit vous interpeller. Au-delà des élucubrations des uns et des autres, une macabre opération d'épuration ethnique est entrain de se dérouler sous nos yeux. Votre devoir est de tout mettre en œuvre afin que la symphonie de cette "Bonne, belle et utile rébellion" de l'Elysée, n'endorme pas pour toujours nos enfants, frères, sœurs et parents pris en otage, en les passant de vie à trépas.

Nous vous demandons Monsieur le Président de la République de daigner écouter le silence du peuple, sa souffrance, sa déchirure, ses tribulations et que DIEU fasse que vous le compreniez et agissiez selon ses aspirations.

Le peuple de Côte d`Ivoire veut maintenant des actes concrets, rien que des actes concrets. Après vos multiples voyages pour ramener la paix, il attend maintenant que vous alliez à Danané, à Man, à Touba, à Odienné, à Séguéla, à Tingrela, à Ferkessédougou, à Korhogo, à Bouna, à Katiola, à Vavoua, à Béoumi et à Bouaké proclamer l`unité et la naissance de la nation ivoirienne.

A l'avènement de la Nouvelle Côte d'Ivoire !

Pour les partis émergents,

Pour le Parti Ivoirien du Peuple,

Le Président,

GNADOU Dano Zady

Pour le Peuple, par le Peuple et avec le Peuple !

 

Mardi 22 juin 2004

In tribulations d'un Peuple.

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